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 Camp militaire de Caylus...

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MessageSujet: Camp militaire de Caylus...   Dim 2 Sep - 16:46

Son historique

L’origine du Camp militaire de Caylus est assez mal déterminée mais l’on sait que c’est au début du siècle (vers 1902) que furent effectuées les premières manoeuvres militaires dans le secteur de Caylus. La troupe était logée chez l’habitant et les terrains de manoeuvres loués aux propriétaires terriens. Il ne s’agissait alors que de petits entraînements et exercices de tirs réservés aux unités de la région. Infanterie, cavalerie, artillerie y exécutaient tout ce qui ne pouvait s’effectuer en garnison

Peut-on envisager des origines beaucoup plus lointaines?
Oui, si l’on écoute ce qui se raconte. Plusieurs personnalités civiles et militaires n’affirmèrent-elles pas avoir trouvé traces d’Oppidum (St Alby, Pech-sec). Des fouilles ont permis de découvrir des squelettes intacts, les bras placés en croix tels les chrétiens. Le nom de "Caïs" ne pourrait-il pas venir de ce général romain "Caïs" qui participa auprès de César à la prise d’Uxellodunum, l’introuvable que chacun situe ailleurs mais toujours proche d’ici : Puy d’Issolu, Luzech, Cahors dans le Lot, Capdenac ou Najac en Aveyron.

Les voies romaines, encore bien apparentes, les dénominations des lieux à consonances romaines, le relief du terrain ainsi que l’examen de photos aériennes ajoutent encore de l’eau au moulin des partisans de cette thèse. Mais laissons là l’incontrôlable pour une vieille histoire toujours liée au camp et à l’incorporation de jeunes soldats. Une très ancienne dame de Vaylats racontait à nos grands-pères qu’à l’époque du recrutement, les jeunes gens de la région qui désiraient tirer le "bon -numéro" allaient se recueillir à St Alby sur une grande pierre en forme d’autel.

Avec plus de certitude nous savons que les premiers achats de terrains sur les communes de Caylus et celles voisines remontent à 1920. Ils furent tous acquis à l’amiable. Les premières baraques faites en planches apparurent à Livron. Elles furent par la suite remplacées par des bâtiments en briques et une belle et grande infirmerie fut construite en dur. Un premier projet d’aduction d’eau de 1926 fut réalisé en 1927. Il consistait à conduire l’eau de la source du Sanctuaire au camp de Livron. Une bonne demi-douzaine de café-restaurant ouvrirent leur porte autour du camp de Livron.

Un peu avant la deuxième guerre mondiale (1939) le Camp servit d’accueil à des réfugiés espagnols lors des événements d’Espagne. La surveillance était assurée par des cadres de l’Armée Française.

Dés 1932 un projet d’agrandissement était élaboré et pris corps pendant les années qui suivirent, suivant les accords amiables ou les mesures d’expulsion, les terres étant classées d’utilité publique. Le camp comptait alors plus de 3500 habitants pris sur les communes de Caylus, Lacapelle, Loze, St-Projet, Mouillac en Tarn et Garonne ainsi que de Vaylats et Saillac dans le Lot. L’activité du camp devait s’accroître lors de la déclaration de guerre en 39. D’après les statistiques de mobilisation, il était destiné à former le dépôt 172 bis. Ce dépôt devait devenir le regroupement des mobilisables affectés pour la circonstance aux différents régiments. Ces bataillons d’infanterie légère (13°IL) étaient composés de punis de droit commun, ayant purgés leur peine ou les terminant dans les prisons centrales de France. On les surnommait communément "les joyeux". C’est ainsi que 10.000 de ces hommes transitèrent par le camp de Caylus.

Comme Livron était affecté à l’administration des unités d’information, c’est au Espagots que logeait tout ce monde sous des marabouts coniques abritant chacun une vingtaine d’hommes. L’encadrement de ces unités était composé de réservistes du tous grades ainsi que de cadres d’active venus de différents centres d’éducation physique de France. Pour la sécurité, des gardes mobiles et des pelotons de Spahis furent affectés au camp. La population se souvient de ces cavaliers perchés sur leur pur-sang arabe, de leur tenue colorée, turban rouge, et burnous blanc, du sabre scintillant à la ceinture; l’ensemble n’ayant rien de commun avec le militaire actuel. Pourtant bien gardés par ces polices, de nombreux règlements du compte eurent lieu au couteau entre "gars du milieu" des différentes grandes villes de France.

Dés l’armistice en l940, on commença la démobilisation. Ceux des indésirables qui n’avaient pas terminé leur peine ou qui ne s’étaient pas évadés, regagnèrent les prisons centrales. La démobilisation terminée, le dépôt fut liquidé et les cadres d’active devinrent civils à titre précaire par suite des accords d’armistice. Le camp fut alors occupé par des polonais (juifs pour la plupart) encadrés par des officiers et sous-officiers français en civil. Puis les troupes allemandes dépassant la ligne de démarcation convenue s’installèrent au camp (février, mars 43).

Nous ne pouvons passer sous silence le patriotisme des responsables du camp de cette époque qui n’hésitèrent pas à soustraire aux occupants les stocks d’armes et de munitions du camp en les camouflant en lieu sûr. Malheureusement une dénonciation devait réduire leur acte à néant et entraîner l’arrestation par la gestapo, puis la déportation de deux d’entre eux : Le Commandant Normand et l’adjudant chef Gilles. Le premier, dont le camp de Livron porte le nom en hommage à sa mémoire, est décédé le 15 Novembre 1943 des sévices subi au camp du Buchenvalt. Le second a miraculeusement survécu pour être libéré en 45.

Chassés comme des lapins, harcelés par la Résistance, les allemands devaient définitivement quitter la camp en tant qu’occupant pour revenir peu après comme prisonniers de guerre. Parallèlement le camp de Livron accueillit des familles Ukrainiennes (1944, 1945). Il servit ensuite de camp de concentration à des troupes indochinoises qui s’étaient rebellées contre la France. Celles-ci étaient encadrées par des éléments de troupes coloniales françaises. Ces indochinois renvoyés chez eux à la fin de la guerre d’Indochine, le camp de Caylus a été utilisé pour un temps par l’infanterie, la cavalerie (devenue troupes motorisées), l’artillerie et même l’aviation qui y effectuait des tirs en vol. Des unités de gardes mobiles et de gendarmerie vinrent également y séjourner.

Pendant un an environ, une unité Nord-africaine (le 14° tirailleurs) y fut affectée avant d’être dissoute lors de l’indépendance de l’Afrique du Nord. En 1962, l’appartenance du moment de la France à l’O.T.A.N amena des manoeuvres inter alliées (soldats Anglais, Allemands et Français).

De nouveaux achats de terre à l’amiable en 1962, par expropriation dans les deux ou quatre années qui suivirent, portèrent le camp de Caylus à une superficie de plus de 6500 hectares. La construction en dur qui remplaça celle en bois, de nouvelles qui s’élevèrent chaque année, la station de pompage de Livron (faite en 1938) qui assure l’eau au camp des Espagots, le réseau de routes crées partout même dans les champs de manoeuvres, les terrains de tirs bien aménagés, la possibilité aux gros porteurs d’atterrir (Transall C 160 en décembre 78)... modernisent le camp de Caylus et le placent aujourd’hui parmi les tous premiers de France avec Mourmelon, La Courtine, Chalons...


De nos jours :

Situé à la limite du Tarn-et-Garonne et du Lot, le camp de Caylus s'étend sur plus de 5500 hectares sur le Causse, la majeure partie étant située sur la commune de Caylus.
Son insigne marque son double attachement, celui aux Troupes de Marine d'une part avec l'ancre d'or et celui à sa région d'autre part grâce au château surmonté d'une croix occitane, armoiries de la cité de Caylus.
La vocation du camp depuis plus d'un siècle est d'accueillir des troupes pour des périodes d'instruction et de mise en condition opérationnelle avec pour dominante le tir.
Presque tous les régiments de France venus de Paris, de Bretagne, de l’est et bien sûr de la région s’y succèdent au fil des mois.
D'une capacité d'hébergement instantanée de 15 unités élémentaires (soit 1500 hommes), répartie entre le camp bâti et les fermes, le camp dispose de nombreuses installations de manoeuvre, de tir et d'instruction plus particulièrement adaptées aux unités d'infanterie et troupes parachutistes, principalement basées dans la région Midi-Pyrénées.
Dans le cadre de sa mission de soutien à la préparation opérationnelle des forces, le groupement de camp de Caylus a accueilli sur l'ensemble de l'année 2003 de nombreuses unités avant leur engagement dans des missions qui restent toujours complexes et difficiles à l'extérieur de nos frontières ou sur le territoire national. (Côte d'Ivoire, Afghanistan, Kosovo, Haïti, VigipirateŠ)
Avec 140 000 passagers accueillis en 2003, le taux d'occupation du camp s'élève à 500 hommes/jour (hors période de fermeture), et la fréquentation des installations de tir s'est maintenue avec 220 jours et 100 nuits d'activités.
Ainsi occupé toute l’année par la troupe, une compagnie de camp est nécessaire en permanence et gère tous ces mouvements. Un colonel commande la place. Une annexe du génie et une autre de l’intendance sont là à demeure et procurent des emplois à des civils caylusiens ou du territoire. Sur le plan des effectifs, la physionomie du groupement de camp est maintenant stabilisée et il est important de noter que le nombre du personnel civil de la défense (93) est maintenant supérieur à celui du personnel militaire (72).
L'effectif réduit de 165 personnes est compensé aujourd'hui par un recours de plus en plus important à la sous-traitance auprès des entreprises civiles (70 % du budget annuel du groupement de Camp)
120 familles résident dans les cantons de la région dont une bonne cinquantaine dans celui de Caylus où chacun reconnaît qu'il fait bon vivre.

Actuellement le Groupement de Camp de Caylus est sous les ordres du Lieutenant-Colonel Pierre ANTOINE.
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MessageSujet: Re: Camp militaire de Caylus...   Dim 25 Nov - 20:43

Pas d anedocte a nous raconter pour les plus jeunes ?? Laughing
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